Dear Friends

DF 73 - Invasion de l'Ukraine et Deep Purple (mars 2022)

Le 6 mars 2022

Chers amies et amis,

Nous irons droit au but parce que ceci est sérieux.

En tant que groupe, Deep Purple a toujours été apolitique. Pas intentionnellement, mais par expérience, alors que nous faisions des tournées plus extensives au fil des ans et embrassions une multitude de cultures, nous sommes devenus, je pense, quelque peu plus modestes à cause de la variété de leur beauté éducative et plus respectueux envers la plupart de celles-ci, mais je ne peux pas dire à cause de toutes.

Une autre raison pour laquelle nous n'avons pas de parti pris est due à la nature disparate de la pensée sociopolitique des membres individuels du groupe, à propos desquels je dois dire qu'un équilibre mesuré a été atteint dans le vestiaire. En d'autres termes, il n'y a généralement pas d'opinion définitive ou officielle du groupe sur quoi que ce soit.

Mais cette invasion de l'Ukraine est une autre question et nous disons tous la même chose et que c'est politique.

(Peut-être que ceci dissipera la confusion qui aurait pu être causée par la lecture du bel article du Sunday Times d'aujourd'hui, car son titre suggère - 'Deep Purple jure de ne plus jamais se produire en Russie.'. Désolé, mais le contraire est vrai, peut-être pas un vœu, mais un rêve à coup sûr.)

Ceux d'entre nous qui ont la chance de vivre pour l'instant en toute sécurité dans des pays en démocratie peuvent voir la plupart des choses se passer sur nos écrans personnels, qui sont semble-t-il à une distance sûre de la pluie d'explosions et de la peur atroce de la mutilation ou de la mort, en particulier pour ceux qui sont trop faibles pour se battre ou fuir. Nous pouvons encore parler librement, donner des opinions sur ceci et cela, discuter et pointer du doigt les troubles de longue date entre l'après-URSS et l'Occident, chacun luttant à sa manière purement darwinienne pour l'influence dans l'ex-pacte de Varsovie qui est géopolitiquement important et en d'autre pays qui sont d'autres cibles plus larges aussi. En plus des atrocités dont on se souvient vaguement en Tchétchénie et en Syrie, nous pouvons aussi nous pencher sur notre propre comportement. Quand je dis "notre comportement", c'est parce qu'en tant que démocrates, nous portons la responsabilité collective des actions de nos dirigeants, qui font des choses en notre nom; nous pouvons voter pour ou contre et l'opinion publique compte toujours pour quelque chose, alors que notre ennemi dans la Guerre de Poutine (et oui, elle a commencé) est le président, et non le peuple russe. Il est coutumier pour un despote de ne pas permettre au peuple de s'opposer à lui. Des politiciens, des journalistes et même des sceptiques sont emprisonnés ou assassinés, et la nuit dernière, un millier de Russes ont été arrêtés pour avoir manifesté leur opposition, un geste qui est désormais illégal par statut.

Nous y voici donc... Nous sommes maintenant confrontés à une menace existentielle car celui auquel on doit obéir, l'ennemi, est un psychopathe belliqueux (faites vos recherches, ce n'est pas la même chose qu'un fou) aux tendances napoléoniques, pour qui une mission à long terme est en cours, et qui a confiance qu'un Occident timide et chaotique depuis longtemps ne répondra pas (ou ne répondrait pas avant peut-être demain) au MAD presque oublié de la menace nucléaire, sous laquelle nous avons vécu si longtemps dans une peur morbide pendant la guerre froide. Et donc, à cause de nos concerts annulés début juin à Kiev et à Moscou, nous avons dû envoyer un message à nos fans. J'aime particulièrement le paragraphe bien écrit et sombrement ironique de Don. Mais c'est plus profond que cela au moment où l'invasion sanglante et impitoyable de l'Ukraine devient évidemment plus horrible, d'abord de jour en jour, et maintenant d'heure en heure.

Concernant la réponse internationale, je comprends la peur de l'escalade militaire, des susceptibilités, ainsi que la stratégie prudente des chefs militaires et de leurs patrons politiques, et toute la frustration que ceux d'entre nous du peuple ordinaire subissons. Mais nous pouvons tous sentir que les gestes de l'Alliance occidentale sont mus par l'application de sévères sanctions et de préparatifs tactiques pour ce qui pourrait bientôt survenir. Alors, que pouvons-nous faire, nous, les gens ordinaires et divers, épris de paix, avec rien de plus en commun que l'amour de la musique et des bonnes vibrations?

La source de cet aphorisme est contestée avec pédantisme, mais peu m'importe qu'Edmund Burke l'ait dit ou non, car ses paroles restent puissantes. "Pour que le mal triomphe seule suffit l'inaction des hommes de bien."

En plus de donner notre cœur aux Ukrainiens, ce que nous pouvons faire, avant que la terreur ne supplante la peur, c'est de CRIER notre soutien du haut de nos toits à ceux en Russie qui pensent comme nous, nos amis qui ont besoin de savoir qu'une manifestation publique massive et potentiellement réussie de dégoût et de répulsion serait pleinement soutenue par ceux d'entre nous qui veulent faire autre chose que RIEN. Et nous attendons avec impatience le jour où nous pourrons à nouveau profiter de l'euphorie de la fraternisation que nous partageons pendant ces concerts remplis d'énergie avant bientôt, et j'espère vraiment que ce sera bientôt car je trouve qu'il commence à se faire tard ... Et CRIONS encore avec nos connaissances et notre pardon que ces atrocités barbares ne sont pas commises en votre fier nom russe, mais par votre chef messianique Poutine, un homme faussement élu et dangereux, qui joue son jeu de RISK personnel et expansionnniste.

Et que faire maintenant?

Nous pouvons tous faire notre part: nous avons tous notre mot à dire d'une certaine manière. Nous pouvons être ensemble en pensée avec un sentiment d'appartenance et une idée du but à atteindre.

Ian Gillan

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